Re-naissance... Une quête de lumière

LUDUS MODALIS / BRUNO BOTERF

Née dans l’Italie du Quattrocento, la Renaissance constitue une période de l’histoire dont le fondement est une quête de la lumière issue de l’antiquité, rompant avec la noirceur que l’on associe généralement au Moyen-Âge.

Cette vision, peut sembler primaire mais elle n’en est pas moins une réalité pour beaucoup de lettrés et d’humanistes du XVIe siècle à l’image d’un Etienne Dolet* évoquant la fin du « funeste aveuglement des hommes » et leurs « yeux voilés autrefois qui s’ouvrent à la lumière du monde ».

Le passage entre ces deux mondes ne s’est toutefois pas effectué de la même manière dans tous les domaines artistiques. Si la rupture s’est avérée assez explicite en architecture avec le retour assumé aux ordres antiques ou en littérature avec l’ épanouissement de la poésie et de la culture littéraire, elle ne l’a pas été réellement dans le domaine musical, les formes et styles d’écriture évoluant d’une façon sans doute plus linéaire. Comment en effet, oserions-nous opposer qualitativement la polyphonie d’un Machaut à celle d’un Josquin ou d’un Isaac. Les frontières ne sont en fait que des membranes perméables que les historiens tentent parfois de définir et de consolider.

Le projet Re-naissance, se décline en trois actes :

Le premier, « Un Requiem allemand » ouvre ses portes à des compositeurs ayant mis leur maîtrise polyphonique au service de la foi luthérienne, de l’évocation de la mort et de l’au delà. Ainsi en est- il de la sublime musique funéraire de Schütz nimbée d’italianité ou encore de celle du grand Bach dont l’art du contrepoint, l’irradiation polyphonique font peut-être de lui le dernier représentant de la Renaissance.

Le second, intitulé,  » Rîmes françaises et italiennes » prend appui sur des oeuvres et des compositeurs qui ont marqué le XVIe siècle, de Le Jeune à Lassus, Costeley à Marenzio, compositeurs dont le riche contrepoints’accompagne de l’usage d’une langue poétique variée qui nous conduit au delà des frontières et par le biais de figuralismes (madrigal français) ou de madrigalismes (Italie) sur le chemin de l’expressivité, et d’une nouvelle forme de théâtralité.

Le troisième honore en récital un instrument presque oublié de la Renaissance, le « clavecin encordé en boyau ». Cet instrument présent dans toute l’Europe de la Renaissance (Lautenwerk, clavecin-luth) a été brillamment reconstitué par David Boinnard. Il est l’instrument polyphonique par essence car il allie la ductilité et la profondeur de timbre de l’archi luth à la richesse polyphonique du clavier. Ses doubles feintes permettent par ailleurs d’aborder subtilement les plus audacieux chromatismes.

*E Dolet Commentariorum liguae latinae tomus primus 1536

Vendredi 19 juillet, 21 h
église Saint-Martin de Lure

Un Requiem allemand
Un office funéraire du temps de Bach
Heinrich Schütz (1585-1672) / Johann Sebastian Bach (1685-1750)

 

Ludus Modalis
12 chanteurs et 10 instrumentistes

Jeudi 18 juillet, de 18 h à 21 h > répétition générale ouverte au public
19 h > Hôtel de Ville de Lure, cérémonie d’ouverture du festival Musique et Mémoire 2013, 20ème édition


Samedi 20 juillet, 17 h
Grand salon de l’Hôtel de Ville de Lure

Le monde de Freddy
Lautenwerk (clavecin renaissance encordé en boyau) de David Boinnard
programme en création / commande du festival

Freddy Eichelberger

Samedi 20 juillet, 21 h
église Saint-Blaise de Miellin

Rîmes françaises et italiennes
Claude Le Jeune (v. 1530-1600), Guillaume Costeley (v.1530-1606), Jan Pierterszoon Swellinck (1562-1621) et Luca Marenzio (v. 1553-1599)

 

Ludus Modalis
Edwige Parat, Annie Dufresne, cantus
Sophie Toussaint, altus
Bruno Boterf, Vincent Bouchot, tenor
François Fauché, bassu

Dimanche 21 juillet, 21 h
cathédrale Saint-Christophe de Belfort

Messe à l’usage ordinaire des Paroisses / l’orgue en scène
François Couperin (1168-1733)
programme en création / commande du festival

Jean-Charles Ablitzer, orgue historique Waltrin / Callinet / Schwenkedel

 

Ludus Modalis
Eva Zaïcik, Kaoli Isshiki, dessus 
Bruno Boterf, haute taille 
Vincent Bouchot, taille 
François Fauché, basse

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